Les Incoterms en 2026, liste complète et mode d’emploi

Les Incoterms® 2020 restent la référence utilisée dans les contrats commerciaux internationaux en 2026. Ces règles définissent la répartition des frais, des risques et des obligations entre un vendeur et un acheteur lors du transport d’une marchandise. Les 11 Incoterms permettent de cadrer les opérations d’import-export, mais leur utilisation nécessite de bien distinguer le transport payé, le transfert des risques et les responsabilités douanières.

Les 11 Incoterms applicables en 2026

La Chambre de Commerce Internationale (CCI) n’a pas publié de nouvelle version pour 2026. Les entreprises utilisent donc toujours les Incoterms® 2020.

Ces règles sont divisées en deux groupes :

  • les Incoterms utilisables avec tous les modes de transport : route, air, rail, maritime ou combinaison de plusieurs modes ;
  • les Incoterms réservés au transport maritime et fluvial.
IncotermSignificationMode de transportMoment du transfert des risquesFormalités import
EXWEx WorksTous modesDans les locaux du vendeurAcheteur
FCAFree CarrierTous modesRemise au transporteurAcheteur
CPTCarriage Paid ToTous modesRemise au premier transporteurAcheteur
CIPCarriage and Insurance Paid ToTous modesRemise au premier transporteurAcheteur
DAPDelivered At PlaceTous modesLieu de destination convenuAcheteur
DPUDelivered at Place UnloadedTous modesAprès déchargementAcheteur
DDPDelivered Duty PaidTous modesLieu de destinationVendeur
FASFree Alongside ShipMaritimeQuai, avant chargementAcheteur
FOBFree On BoardMaritimeMarchandise chargée à bordAcheteur
CFRCost and FreightMaritimeÀ bord du navireAcheteur
CIFCost Insurance and FreightMaritimeÀ bord du navireAcheteur

Cette Incoterms list constitue la base utilisée par les exportateurs, importateurs, transitaires et services achats internationaux.

Les règles multimodales : EXW, FCA, CPT, CIP, DAP, DPU et DDP

Les sept premiers Incoterms peuvent être utilisés pour plusieurs types de transport. Ils concernent aussi bien une livraison routière européenne qu’une opération combinant transport maritime, aérien et terrestre.

📦 EXW (Ex Works) : une responsabilité limitée pour le vendeur

Les Incoterms EXW correspondent à une vente départ usine. Le vendeur prépare la marchandise et la met simplement à disposition dans ses locaux.

Avec l’EXW Incoterm, l’acheteur prend en charge presque toute l’opération :

  • enlèvement de la marchandise ;
  • chargement ;
  • transport principal ;
  • assurance éventuelle ;
  • formalités export et import.

Les recherches autour de ex works incoterms et incoterms ex works sont fréquentes car cette règle est souvent utilisée dans les devis internationaux.

Cependant, dans certaines opérations d’export, l’EXW peut créer des difficultés pratiques. Le vendeur reste généralement le mieux placé pour effectuer les formalités export dans son propre pays. C’est pour cette raison que de nombreuses entreprises préfèrent utiliser le FCA.

🚛 FCA (Free Carrier) : la règle adaptée aux chaînes logistiques modernes

Le FCA Incoterm prévoit une implication plus importante du vendeur.

Celui-ci doit :

  • emballer la marchandise ;
  • effectuer le dédouanement export ;
  • remettre les biens au transporteur choisi par l’acheteur.

Le transfert des risques intervient au moment où le transporteur prend possession de la marchandise.

Les Incoterms FCA sont particulièrement utilisés pour :

  • les expéditions en conteneurs ;
  • le transport aérien ;
  • les livraisons avec plusieurs intervenants logistiques.

Dans beaucoup de situations où un contrat mentionne encore EXW, un incoterm FCA peut mieux correspondre aux pratiques réelles du commerce international.

🚚 CPT (Carriage Paid To) : transport payé par le vendeur, risque transféré rapidement

Avec le CPT Incoterm, le vendeur règle le transport jusqu’au lieu prévu dans le contrat.

La particularité de cette règle concerne le transfert des risques.

Même si le vendeur paie le trajet principal, l’acheteur devient responsable dès la remise au premier transporteur.

Exemple :

Une entreprise française vend une marchandise avec un Incoterm CPT Shanghai.

Le vendeur paie l’acheminement jusqu’à Shanghai, mais si la marchandise est endommagée après remise au transporteur au départ, le risque appartient déjà à l’acheteur.

Les Incoterms CPT nécessitent donc une bonne compréhension entre les deux parties.

🛡️ CIP (Carriage and Insurance Paid To) : le transport avec assurance renforcée

Le CIP Incoterm reprend le même principe que le CPT, avec une obligation supplémentaire.

Le vendeur doit souscrire une assurance transport.

Cette couverture doit respecter les règles des Incoterms CIP, avec une garantie minimale correspondant à 110 % de la valeur de la marchandise.

Le CIP est souvent choisi pour :

  • équipements industriels ;
  • produits technologiques ;
  • marchandises à forte valeur.

À la différence du CIF, le CIP Incoterm peut être utilisé avec tous les modes de transport.

📍 DAP (Delivered At Place) : livraison jusqu’au lieu convenu

Les DAP Incoterms sont très utilisés pour les ventes internationales où l’acheteur souhaite recevoir la marchandise directement sur son site.

Le vendeur prend en charge :

  • l’organisation du transport ;
  • les frais jusqu’au lieu prévu ;
  • les risques pendant l’acheminement.

La livraison intervient lorsque la marchandise arrive à destination, prête à être déchargée.

L’acheteur conserve toutefois certaines obligations :

  • déchargement ;
  • déclaration import ;
  • paiement des droits et taxes.

L’incoterm DAP est fréquent dans les échanges européens car il simplifie la gestion du transport pour le client final.

🚜 DPU : une livraison avec déchargement inclus

Le DPU a remplacé le DAT dans la version 2020.

Avec cet Incoterm, le vendeur reste responsable jusqu’au déchargement complet de la marchandise au lieu convenu.

Cette règle peut être utilisée pour :

  • un entrepôt ;
  • une plateforme logistique ;
  • un chantier ;
  • un terminal.

Le changement entre DAT et DPU a supprimé la notion obligatoire de terminal. La livraison peut désormais intervenir dans davantage de lieux.

🌍 DDP (Delivered Duty Paid) : le niveau d’engagement maximal du vendeur

Le DDP Incoterm représente la formule où le vendeur prend en charge le plus grand nombre d’obligations.

Il doit gérer :

  • transport international ;
  • formalités export ;
  • formalités import ;
  • droits de douane ;
  • taxes applicables.

Pour l’acheteur, la réception est simplifiée puisque la marchandise arrive avec les démarches principales déjà réalisées.

Cependant, les Incoterms DDP peuvent poser des difficultés au vendeur lorsqu’il livre dans un pays où il ne dispose pas d’une structure administrative.

Une entreprise étrangère utilisant un DDP Incoterm peut notamment devoir :

  • obtenir un numéro de TVA local ;
  • gérer les déclarations fiscales ;
  • travailler avec un représentant fiscal.

A lire aussi: Incoterm FCA ou FOB : lequel choisir pour vos expéditions internationales ?

Les Incoterms maritimes : FAS, FOB, CFR et CIF

Les quatre Incoterms maritimes concernent uniquement les marchandises transportées par voie maritime ou fluviale. Ils sont principalement utilisés pour les matières premières, les marchandises en vrac et certains échanges internationaux nécessitant un transport par navire.

Ils ne sont pas toujours adaptés aux marchandises transportées en conteneurs. Dans ce cas, les règles comme FCA, CPT ou CIP correspondent souvent mieux au déroulement réel de la chaîne logistique, car le transfert des risques intervient au moment de la remise au transporteur.

⚓ FAS (Free Alongside Ship) : livraison au quai avant chargement

Le FAS prévoit que le vendeur livre la marchandise à côté du navire désigné par l’acheteur dans le port de départ.

Le vendeur prend en charge :

  • l’emballage ;
  • l’acheminement jusqu’au port ;
  • les formalités export ;
  • la livraison le long du navire.

L’acheteur organise ensuite :

  • le chargement sur le bateau ;
  • le transport maritime ;
  • l’assurance éventuelle ;
  • les formalités import.

Le transfert des risques intervient lorsque la marchandise est déposée à côté du navire.

Le FAS reste principalement utilisé dans certains secteurs comme :

  • les matières premières agricoles ;
  • les produits industriels en vrac ;
  • certaines marchandises nécessitant une organisation portuaire particulière.

🚢 FOB (Free On Board) : la marchandise chargée sur le navire

Le FOB Incoterm est probablement l’un des termes les plus connus du commerce international.

Avec un Incoterm FOB, le vendeur doit livrer la marchandise chargée à bord du navire choisi par l’acheteur.

Le vendeur prend en charge :

  • le transport jusqu’au port ;
  • le dédouanement export ;
  • le chargement sur le navire.

Le risque passe à l’acheteur dès que la marchandise est montée à bord.

Exemple :

Une société française vend des équipements avec un FOB Marseille Incoterms® 2020.

Jusqu’au chargement sur le bateau, le vendeur assume les risques. Après cette étape, l’acheteur devient responsable du transport maritime.

Les recherches sur fob incoterms restent nombreuses car cette règle est encore très utilisée dans les contrats internationaux.

Cependant, la CCI recommande d’éviter le FOB pour les marchandises conteneurisées lorsque la marchandise est remise à un terminal avant le chargement réel du navire.

Dans ce cas, un FCA Incoterm est souvent plus précis.

🚢 CFR (Cost and Freight) : transport maritime payé par le vendeur

Le CFR Incoterm fonctionne sur un principe proche du CPT, mais réservé au transport maritime.

Le vendeur paie :

  • le transport jusqu’au port d’arrivée ;
  • les frais liés au fret maritime.

En revanche, le transfert des risques intervient dès que la marchandise est chargée à bord du navire au départ.

Cette différence entre paiement du transport et transfert des risques crée souvent des incompréhensions.

Avec un Incoterm CFR, l’acheteur doit donc prévoir une assurance adaptée s’il souhaite couvrir la marchandise pendant le trajet.

Les recherches sur incoterms CFR concernent souvent les entreprises qui importent des marchandises depuis l’Asie ou l’Amérique du Nord.

🛡️ CIF (Cost Insurance and Freight) : CFR avec assurance maritime

Le CIF Incoterm ajoute une obligation d’assurance au vendeur.

Le vendeur prend en charge :

  • le transport maritime ;
  • l’assurance minimale obligatoire ;
  • les formalités export.

L’acheteur gère :

  • l’importation ;
  • les taxes ;
  • la livraison après arrivée au port.

Les Incoterms CIF sont historiquement très utilisés pour les échanges maritimes internationaux.

Ils concernent notamment :

  • matières premières ;
  • produits manufacturés ;
  • marchandises expédiées par bateau.

La différence entre CIF Incoterms et CFR repose principalement sur l’assurance. Le vendeur doit souscrire une couverture transport dans le cadre du CIF.

Comparatif rapide des responsabilités vendeur / acheteur

IncotermTransport principal payé par vendeurAssurance obligatoire vendeurExportImport
EXW❌ Non❌ NonAcheteur généralementAcheteur
FCA❌ Non❌ NonVendeurAcheteur
CPT✅ Oui❌ NonVendeurAcheteur
CIP✅ Oui✅ OuiVendeurAcheteur
DAP✅ Oui❌ NonVendeurAcheteur
DPU✅ Oui❌ NonVendeurAcheteur
DDP✅ Oui❌ NonVendeurVendeur
FOB❌ Non❌ NonVendeurAcheteur
CFR✅ Oui❌ NonVendeurAcheteur
CIF✅ Oui✅ OuiVendeurAcheteur

Le transfert des risques ne suit pas toujours le paiement du transport

L’une des confusions les plus fréquentes dans les contrats internationaux concerne la différence entre :

  • celui qui paie le transport ;
  • celui qui supporte le risque pendant le trajet.

Ces deux notions ne vont pas toujours ensemble.

Les Incoterms en C sont les meilleurs exemples :

  • CPT ;
  • CIP ;
  • CFR ;
  • CIF.

Dans ces quatre règles, le vendeur peut payer le transport principal tout en transférant le risque très tôt.

Prenons un exemple avec un Incoterm CIF Shanghai.

Le vendeur français règle le transport maritime jusqu’à Shanghai. Pourtant, le risque passe à l’acheteur dès que la marchandise est chargée sur le navire au port de départ.

Une assurance transport adaptée reste donc nécessaire selon la valeur des marchandises.

La rédaction d’un Incoterm dans un contrat commercial

Un Incoterm seul n’est pas suffisant.

Écrire simplement :

DAP

ou

FOB

laisse trop d’incertitudes.

La formulation recommandée est :

[Incoterm] + [lieu précis] + [version utilisée]

Exemples :

FormulationUtilisation
FCA Lyon France – Incoterms® 2020Livraison au transporteur depuis un site français
DAP Bruxelles Belgique – Incoterms® 2020Livraison chez un client belge
CIF Port du Havre France – Incoterms® 2020Transport maritime avec assurance vendeur
DDP Madrid Espagne – Incoterms® 2020Livraison avec droits et taxes pris en charge

Le lieu indiqué modifie directement la répartition des frais. Un DAP entre un entrepôt et un port ne crée pas les mêmes obligations qu’un DAP directement chez le client final.

DAT, DDU : les anciens Incoterms encore recherchés

Certaines entreprises utilisent encore des anciens documents commerciaux contenant des règles qui ne figurent plus dans la version actuelle.

DAT Incoterm : remplacé par DPU

Le DAT Incoterm appartenait à la version Incoterms 2010.

Il prévoyait une livraison au terminal avec déchargement effectué par le vendeur.

En 2020, la CCI l’a remplacé par le DPU afin d’élargir les lieux possibles de livraison.

Le principe reste proche :

  • transport payé par le vendeur ;
  • déchargement réalisé par le vendeur ;
  • risque transféré après cette étape.

Incoterms DDU : une ancienne règle encore présente dans certains contrats

Les recherches sur incoterms DDU et DDU Incoterms restent fréquentes.

Le DDU signifiait :

Delivered Duty Unpaid

Cette règle appartenait aux anciennes versions des Incoterms.

Elle ressemblait au DAP actuel, avec une différence importante : la notion de droits et taxes non acquittés était explicitement mentionnée.

Depuis 2010, le DDU n’existe plus officiellement.

Lorsqu’un contrat utilise encore cette appellation, il est préférable de préciser les obligations exactes des parties afin d’éviter une interprétation différente selon les pays.

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